Voltaire-Baquoy

Projet de loi : Qu’en penserait Voltaire / Project of the King: What We Think of Voltaire

Un jour, L’Ingénu se trouvait assis à sa table de petit déjeuner, lorsque sa femme, la belle Saint-Yves, lui a apporté le journal.  (Il était très heureux et soulagé que sa belle femme ait recouvert de sa dépression.)  Quand il a vu le titre de l’article  « Vrai combat, idées fausses » sur la première page du journal, et qu’il a lu la première ligne blasphématoire, L’Ingénu a laissé tomber son verre de jus d’orange, et a crié à haute voix.  En voyant la surprise de son mari, la belle Saint-Yves regardait le journal et disait d’une voix banale et indifférente: « Ah, si, j’ai entendu parler de cette nouvelle douloureuse. »

L’Ingénu ne savait quoi dire.  Il connaissait désormais les méchancetés du monde dans lequel il vivait.  Depuis son aventure et son emprisonnement, le monde lui « par[ait] trop méchant et trop misérable » (91), et alors, cette nouvelle tristesse ne le surprenait pas trop.  « C’est entièrement inexcusable les choses qui se passent dans ce pays.  Je sais qu’en mon pays d’origine on ne ferait jamais cela.  On avait le droit de porter ce qu’on voulait, et à faire ce qu’on voulait faire. »  L’article décrivait une nouvelle loi que le gouvernement venait d’adopter.  Il s’agissait de la question des burqas et des niqabs.  Le Parlement français avait décidé d’interdire aux citoyens de porter ces vêtements dans l’espace public.  La frustration de L’Ingénu se voyait sur son visage, qui était tout rouge.  Il pensait à son arrivé en France, et à comment Mlle de Kerkabon l’avait traité.

« Mais, elle était très tolérante! » supplia la belle Saint-Yves.

Il semblait, tristement, que la belle Saint-Yves avait oubliée la majorité des morales qu’elle avait apprises pendant ses aventures en sauvant son amour.  Les psychologistes croyaient que c’était parce qu’elle avait opprimé tous les souvenirs associés avec l’horrible Saint-Pouange (dont on ne murmurait pas le nom dans la maison).  Elle était désormais un modèle parfait de Mlle de Kerkabon.

« Je le jure, mais quand même, elle était très choquée par ce que je portais et comment je parlais.  On le voyait sur son visage.  Elle avait de la difficulté à m’accepter comme j’étais.  Il fallait même que je me baptise ! Tu te rappelles de cela ? »  Penser au baptême et aux troubles qui en résultaient faisait trembler L’Ingénu.

« C’est vrai, » continuait L’Ingénu, « que je me suis accoutumé à l’idée d’une nouvelle vie, mais pensez-y un moment.  Quand ils m’ont déclaré qu’ils désiraient me baptiser, j’ai dit que ‘la proposition ne me plaisait point de tout, et la loi des Hurons valait pour le moins la loi des Bas-Bretons’ »  (50).  C’était seulement au fur et à mesure qu’il avait accepté de se convertir.  Il se rappelait comment il a dévoré le Nouvelle Testament.  Peut-être que ces femmes auraient une même réaction au nouvelle loi, il se demandait.  Ensuite, il considérait tous les troubles qui avaient été causé par sa conversion.  Il avait été toujours incapable de réellement abandonner sa culture.  Il résolu que ces femmes subjugués seraient comme lui aussi.

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One day, the Ingenu found himself sitting at his breakfast table, while his wife, the beautiful Saint-Yves brought him the newspaper. (He was extremely happy and relieved that his beautiful wife had recovered from her bout of depression).  When he saw the title of the paper’s headline article “Real combat, false ideals,” and having read the first blasphemous phrase, the Ingenu let slip his glass of orange juice, and let out a cry.  Upon noting the surprise of her husband, the beautiful Saint-Yves looked at the newspaper and said with a tone of banality and indifference: ‘Oh, yes, I heard about this unfortunate news.”

The Ingenu didn’t quite know what to say.  He knew well the coldness of the world in which he lives.  Ever since his adventures and imprisonment, the world appeared to him “too mean and too miserable,” and therefore, this new sadness couldn’t surprise him too much.  “The things that occur in this country are entirely inexcusable.  We should have the right to wear what want, and to say what we like”; the newspaper article in question addressed a new law which the government had recently adopted.  It related to the question of burqas and niqabs.  The French Parliament had decided to forbid its citizens to wear these clothes in the public space.  The Ingenu’s frustration was evident in the redness of his complexion.  He thought back to his own arrival in France, and how Mlle de Kerkabon had treated him. “But she was tolerant, herself!” supplied the beautiful Saint-Yves.

It seemed, sadly, that the beautiful Saint-Yves had forgotten the majority of the morals which she had learned during her own adventures with her paramour.  The psychologists believed that she had begun repressing all her memories associated with the awful Saint-Pouange (the name was never even mentioned in the house).  She had henceforth become an ideal model for Mlle de Kerkabon.

“I don’t deny that, but even so, she was so shocked by what I wore and by how I spoke.  You could see it on her fact.  She had such difficulty in accepting me the way I was.  I was forced to be baptized.  Do you remember? “  Thinking about the baptism and to the troubles which resulted made the Ingenu tremble.  “Its true,” he continued, “that I grew accustomed to the idea of a new life, but think on it a moment.  When they declared to me that I was to baptized, I said that ‘the proposition didn’t please me at all, and the law of the Hurons nevertheless applied to the land of the Bas-Bretons’”.  It had only been at length that he had accepted the conversion.  He recalled how he had then devoured the New Testament.  Maybe such would be the case for these women, he asked himself.  But then he considered all the trouble which grew out of his conversion.  He had always been somewhat incapable of truly abandoning his original culture.  He resolved therefore that these women would likewise be subjugated.

by Cyrus Jalai

Photo Credit: Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Voltaire

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